Jean Amado

Amado, Jean

Jean Amado est né en 1922 à Aix en Provence où il résidera toute sa vie. C’est comme céramiste qu'il commence sa carrière artistique : un choix qu'explique sa fréquentation, très jeune, de l’atelier de la céramiste et professeur aux Beaux-Arts Emilie Decanis, voisine de la bastide familiale. L’explique aussi le hasard de rencontres, y compris lors de son engagement dans la Résistance dans la région de Dieulefit, haut lieu d’une tradition séculaire de la poterie. D'emblée son approche est résolument contemporaine et son goût va à l’objet monumental avec le désir d’intégrer la céramique dans l’architecture. Son ami, l’architecte Jean Pouillon alors aixois, va permettre au couple d’artistes quil forme avec Jo Steenackers (jusqu'à la mort de cette dernière en 1963), de s’engager dans cette voie avec, en particulier, la commande, en 1950, d’un décor de 40 mètres de haut sur six mètres de large (le Totem) et de grandes fontaines pour deux ensembles d’habitations : Diar-es-Saada et de Diar-el-Mahçoul, à Alger. [...] Pour échapper à la fragilité et aux contraintes techniques de telles productions, Jean Amado se lance alors dans la recherche puis la fabrication d’un matériau plus approprié. Ce sera en 1957, l’invention d’un béton émaillé, mélange de sable, de porphyre, de ciment et d’eau, de couleur ocre-rouge, breveté sous le nom de Cérastone. [...]
Approcher l’imaginaire de Jean Amado, c’est se confronter à de multiples et complexes sensations, réminiscences, rêves. C’est se souvenir d’anciennes lectures de Jorge Luis Borges, Julien Gracq, Jules Verne, Jean Ray, Rider Haggard, William H. Hodgson, ou Karel Capek. C’est une nostalgie des jeux de l’enfance qui nous pousse à parcourir en imagination les labyrinthes entrevus par les multiples fractures de ces masses imposantes ou qui nous surprend à embarquer sur une nef, toute voilure de pierre déployée, vers l’autre côté du miroir ou le Pays de Nulle Part.
Les amateurs de science-fiction, dont Jean Amado était, retrouvent dans son œuvre des fragments de leur propre univers et de ces mondes d’ailleurs qui peuplent leur imaginaire : falaises où s’accroche l’étrange architecture de cités improbables, capitales de lointains empires disparus ; énormes bogues fendues de fruits tombés d’arbres inconnus ; masses parcourues de failles où les vides laissent entrevoir des mondes nouveaux à explorer ; vaisseau spatial figé dans une éternité de pierre entre passé et futur, navire fantastique dérivant dans des espaces infinis ; animal surgi de territoires encore à découvrir.
Artiste et artisan, citoyen engagé mais avec cette distance qui lui permettait de poser sur le monde, sans être dupe, un regard attendri et plein d’humour, Jean Amado est décédé le 16 octobre 1995. (Mireille Meyer in Fiction tome 9)

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