Wastburg
« la bibliothèque voltaïque », volume 21
Cédric Ferrand
Wastburg, une cité acculée entre deux royaumes, comme un bout de bidoche solidement coincé entre deux chicots douteux. Une gloire fanée qui attend un retour de printemps qui ne viendra jamais. Dans ses rues crapoteuses, les membres de la Garde battent le pavé. Simple gardoche en train de coincer la bulle, prévôt faisant la tournée des grands ducs à l’œil ou bien échevin embourbé dans les politicailleries, la loi leur colle aux doigts comme une confiture tenace. La Garde finit toujours par mettre le groin dans tous les coups foireux de la cité. Et justement, quelqu’un à Wastburg est en train de tricoter un joli tracassin taillé sur mesure. Et toute la ville attend en se demandant au nez de qui ça va péter.
Roman à facettes, Wastburg propose une vue en coupe d’une cité médiévale macérant dans une fantasy crépusculaire où la morale et la magie ont foutu le camp. C’est comme si San-Antonio visitait Lankhmar. Après La Voie du cygne de Laurent Kloetzer et Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski, se dessine une véritable école de la « crapule fantasy ».
Cédric Ferrand fait vivre des univers de jeu de rôles (Sovok, Brumaire, Vermine, Nightprowler...), écrit des nouvelles et lit tout ce qui lui passe sous la main. Il vit désormais à Montréal, dans la plus complète schizophrénie linguistique et culturelle.
Ouvrages associés

Récits du vieux royaume, 1

Récits du vieux royaume, 2

Rois du monde, 1

- 1. Wastburg
- Roman par Cédric Ferrand
- Iconographie
- Couverture par Maroussia Podkosova & Patrice Larcenet
Dans la masse informe et parfois insipide de la production hautement calibrée de fantasy, émergent parfois quelques perles, de petits bijoux écrits avec amour et talent, qui font la nique aux auteurs anglo-saxons. Car sans aller jusqu’à cautionner les propos de l’éditeur, pour qui se dessine déjà une école de la “crapule fantasy”, il faut bien avouer que semblent émerger en France quelques voix nouvelles, qui osent mettre au placard la quincaillerie habituelle de la fantasy, pour nous entraîner dans des univers nettement moins épiques mais hautement plus jouissifs. Une littérature moins ancrée dans le merveilleux, plus réaliste pourrait-on dire (même si le terme paraît impropre), mais également plus exigeante sur la forme comme sur le fond. Avec Wastburg, Cédric Ferrand (autre transfuge du jeu de rôles) apporte une nouvelle pierre à l’édifice, et c’est à nouveau aux éditions Les moutons électriques que nous devons ce petit miracle. […]
Blogger in Fabula
Difficile de passer après Jean-Philippe Jaworski et Laurent Kloetzer pour évoquer Wastburg. Avec deux parrains comme ces deux auteurs majeurs du paysage de la fantasy française, on peut dire que le roman de Cédric Ferrand disposait de drôles de bonnes fées penchées sur son berceau. Comme Lankhmar ou Wielstadt avant elle, la cité de Wastburg représente bien sûr un personnage à part entière et ce n’est pas pour rien qu’elle donne son nom au roman. Le lecteur pénètre dans ses rues, hume son fumet, découvre (en partie) ses secrets, rencontre ses personnages, souvent hauts en couleur, un terme souvent galvaudé mais qui (re)trouve tout son sens ici. […] C’est peut-être bien la Déglingue, cette subite disparition de la magie, ainsi que cette ambiance de fin d’époque, de changement imminent et de bouillonnement (social) grandissant qui renforcent à la fois l’humour et ces références. Ici, pas de monde à sauver. Autour d’une bière servie dans une pinte pas forcément très propre, on discute plus souvent des taxes à payer ou de la prochaine porchaison que d’une énième prophétie concernant un orphelin destiné à changer la vie de tout un peuple. […]
Elbakin
[…] Au milieu de ces tableaux déjà passionnants, il faudra encore cherche le fil rouge de l’histoire qui se tisse entre deux verres de bouscotte ( vous n’avez pas envie de savoir ce qu’est la bouscotte, je vous assure … Enfin, si la curiosité vous tenaille, vous savez ce qu’il vous reste à faire). Cela dit, je l’ai trouvé plutôt secondaire, même si c’est amusant de découvrir dans chaque chapitre les éléments qui font avancer l’intrigue. Non, ce qui m’a vraiment plu, c’est ce plongeon dans la ville et dans sa populace, le côté fangeux mais néanmoins attachant ; toutes ces anecdotes qui, mises bout à bout, donnent une consistance à cette cité médiévale imaginaire mais ô combien réaliste. Courez-y, si vous ne craignez pas de vous salir le bas du pantalon (voire davantage) !
Le Dragon Galactique
Ecrit dans un style mêlant avec gourmandise l’argot et la verve façon Audiard avec un cynisme bon teint, les aventures, souvent pathétiques, des gardes de cette cité en pleine déliquescence valent leur pesant de pièces d’or. Un excellent roman, drôle, noir, jouissif et plein de rebondissement. En plus d’être plaisant à lire, Wastburg est une inspiration toute prête pour Warhammer avec tous les critères qui font de notre jdr préféré ce qu’il est : histoire de gens ordinaires, low fantasy s’inpirant du SERG, humour noir et corruption omniprésente. Franchement, n’hésitez pas une seconde et courez vous le procurer dans votre librairie préférée.
Vox Ludi
Une gouaille enchanteresse et jubilatoire qui décrit de façon savoureuse la vie à Wastburg, à travers ses artisans, sa garde et autres crapules qui peuplent la cité. Excellent !
Christine de FNAC Mulhouse
Cédric Ferrand a taillé cruellement sa plume, puis l’a trempée dans un sang d’encre pour coucher sur le vélin ces chroniques wastburgeoises. Il nous entraîne dans une maraude louche, qui sent la rousse et le guindal ; pour peu qu’on y échappe à la déveine et aux coups tordus, on s’y amourache de la ville crottée, de sa gardoche et de ses mystères. La langue est truculente, l’imaginaire fécond, la drôlerie féroce. La farce est bien sûr tragique, et derrière les gueux et les médiocres se dessine insensiblement un grand motif, politique et littéraire.
Jean-Philippe Jaworski
À Wastburg, la corruption ronge les corps autant que les âmes… Écrit dans un style mêlant avec gourmandise argot et cynisme bon teint, les aventures, souvent pathétiques, des gardes de cette cité en pleine déliquescence valent leur pesant de pièces d’or. Un excellent roman, drôle, noir et jouissif.
Julien de FNAC Reims
Wastburg, c’est le nom de la cité qui se trouve entre deux empires belliqueux. Cité où tous les malfrats officient. Rencontrez tour à tour tous ceux qui y vivent, avec une plume enjouée, haute en couleurs, celle de C. Ferrand ; auteur styliste qui nous rappelle Jaworski. Wastburg est définitivement le livre de fantasy de cette rentrée.
Kevin de Virgin Champs Elysées
Wastburg est faussement simple. On se croit en territoire connu (une ville médiévale crapoteuse un peu genre Lankhmar, des types avec des épées), mais le corbeau Ferrand nous attrape avec une construction bien maligne, tirant fort du côté du roman noir. Ses héros sont toute cette population de petites gens, attachantes ou minables, sur lesquelles personne d’habitude ne baisserait les yeux. C’est leur vérité, leurs joies, leurs peines, la réalité de leurs vies, qui donne à Wastburg sa saveur particulière, celle d’une bonne pinte de brune débordante de mousse servie sur un comptoir sale. Santé !
Laurent Kloetzer
- 1. «Wastburg» — un petit extrait
- par Cédric Ferrand
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